Luigi & Luca
Re ad praesentare


vernissage le jeudi 13 octobre à 18h.

Exposition du 14 octobre au 14 novembre 2011

(espace brochage express)146 bd de Charonne Paris 20ème
métro : Alexandre Dumas
ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h


Luigi & Luca, Abnegation II, Photography b/w 100cm x 70cm, 2009.



Luigi (b. 1982) and Luca (b. 1986), nés en Italie, vivent et travaillent à Berlin et Londres.
L&L est un duo de photographes qui débute son activité en 2007. Ils sont eux-mêmes l’objet de leurs prises de vues en un mélange subtil de mises en scènes et de journal intime. Va-et-vient entre fiction et réalisme, entre classicisme et images crues donnant naissance à un univers qui mêle attraction et provocation. Les photographies de Luigi et Luca font état de leur fascination pour les images de la mode et pour les références de l’histoire de l’art devenues icônes. L&L se créent en personnages désirants et désirés, ils se dédoublent à l’envi pour incarner leurs fantasmes, ils jouent ainsi avec eux-mêmes et avec les codes de représentations.
Eros mais aussi Thanatos avec des scènes de contraintes proches de la torture, les scénarios de ce duo d’artistes oscillent constamment entre glamour et trash. De Saint Sébastien aux images plus abruptes de golden shower, ils mettent en évidence cette frontière mobile entre oeuvre et journal intime réaffirmant l’éclatement de l’opposition public et privé.

Entre « autofiction » et « documentarisme sexuel » dont fait état Dominique Baqué, dans son ouvrage intitulé Mauvais genre(s), érotisme, pornographie, art contemporain, (Paris, Editions du Regard, 2002), L & L mettent en place des passerelles entre différents univers mais aussi différentes époques en une sorte de machine érotisante. Leurs fantasmes sont mis en forme au cours de leurs nombreux voyages comme autant de possibilités d’expérimentation, leurs photographies sont en quelque sorte la retranscription d’un nomadisme érotique. Des décalages opèrent par l’impossibilité de circonscrire leur œuvre à un seul champ artistique mais également par ce jeu du double provoqué par leur étonnante ressemblance, jeu mis en œuvre pour nous perdre et attiser notre curiosité et notre fascination, pour reprendre les mots de Max Pella : « Ils jouent avec leur ressemblance dans la mise en scène dramatique d’une gémellité incestueuse ». En une logique d’artialisation des corps (néologisme d’Alain Roger, nus et paysages, Paris, Aubier, 1978) Luigi & Luca se situent entre détachement critique et fascination pour les images-modèles et leurs photographies font écho au morcellement du corps social en tribus pourvues de codes et de signes de reconnaissance spécifiques.



Yann Perol


ALAIN K / François-Thibaut PENCENAT / Adrien Vescovi

ACCESS & PARDOX ART FAIR 2010

La FOG Galerie ISDEAD Stand 05

http://www.accessetparadox.fr/
Adresse :48 rue Vieille du Temple 75004

Preview :
(accueil presse/professionnels/VIP/collectionneurs)
Vendredi 22 octobre de 11H00 à 15H00

Vernissage :
(sur invitation)
Vendredi 22 octobre à partir de 19H00

Horaires :

Samedi 23 octobre de 11H00 à 21H00
Dimanche 24 octobre de 11H00 à 20H00
Lundi 25 octobre de 11H00 à 20H0



Aire du Temps
(terrain de jeu de certaines temporalités)

Vernissage le jeudi 30 septembre à 18h
Exposition du 1er octobre au 6 novembre 2010

à l' ESPACE BROCHAGE EXPRESSE
146 bd de Charonne Paris 11ème
métro : Alexandre Dumas
ouvert du mercredi au samedi de 14h à 19h
avec

Fanny Aboulker
Grégoire Bergeret
Justin Meekel
Simon Nicaise
François-Thibaut Pencenat
Adrien Vescovi



http://airedutemps.tumblr.com/




INOUT

Exposition en collaboration avec La Porcherie

Vernissage le samedi 3 juillet de 15h à 18h
Exposition du dimanche 4 Juillet au dimanche 5 septembre 2010
à la Porcherie



avec

Gwenaël Billaud
Sarah Dorp
Vanessa Fanuele
Thomas Fontaine
Alain K
Sylvain Marchand
Damien Pasteur
François-Thibaut Pencenat
Adrien Vescovi

In&Out est une exposition qui propose une sélection d’ œuvres mettant en place un jeu d’interférences avec le lieu dans lequel elles prennent place. Un ensemble d’ installations, sous forme de sculpture, vidéo, dessin et texte, qui entrent en relation avec l’espace interrogeant la notion d’occupation et de structure (mots , traits, plans…).
Ces œuvres sont conçues spécifiquement pour l’exposition, voire même construites et élaborées sur place.
Les artistes présentés voient leurs pratiques se répondrent en une sorte de dialogue, des œuvres complémentaires ou en confrontation. Minimaliste ou immersive, humoristique ou d’ une élégante sobriété, éphémère ou autonome, voici la diversité des esthétiques mises en jeu par les artistes.




REMIX
Alain K :
We like rodeo - Sure we do
Vernissage vendredi 21 mai à 18h
Exposition du vendredi 21 mai au mercredi 26 mai 2010

La galerie est accueillie à l' Espace Brochage Express durant la durée des travaux
146 boulevard de Charonne 75011 Paris
Métro Alexandre Dumas


« Si tu me rappelles pas... » vidéo,1'05 min, 2004.

«Le sérieux fortifie les idées. Il les solidifie même jusqu’à ce qu’elles finissent par boucher la pensée. Cholestérol de l’imaginaire, le rire le fendille par à-coups, jusqu’à ce que la lumière passe à nouveau.»1

Alain k est un artiste qui sévit aussi bien en dessin, peinture, que vidéo, il élabore à travers ces différents médiums une œuvre empreinte d’humour. Artiste antidisciplinaire, Alain K adopte la posture du ratage comme métaphore de la condition d’artiste. Dans la lignée des artistes « idiots »2 il met en péril l’ordre du monde pour faire apparaître un champ de possible illimité. L’Absurdité est omniprésente dans son travail et permet la mise en faillite du réel mais elle permet également la destruction et la mise en péril de la notion d'artiste.

Alain K crée des personnages, comme avec la série l’homme canon, il se dédouble et se met en scène en une sorte de Monsieur Hulot de l'art contemporain. Ses personnages se retrouvent dans des situations « pitoyables, ridicules, inutiles, stupides"3 pour devenir une image subversive contrecarrant ainsi les stéréotypes liés à l’art contemporain. La condition d'artiste est double pour Alain k, elle est liée à un abandon de lui-même au travers de ses personnages mais elle est aussi un engagement, une sorte de contestation, il a décidé « de devenir résistant. Il n’y a plus d’occupant à combattre, il y a juste une société qui pousse de partout. Qui pousse à paraître toujours sous son bon jour. Qui pousse à toujours faire mieux. Qui pousse à être efficace, raisonnable »4 . Alain K se positionne en retrait du monde, en spectateur, il se met à distance , il y a un refus de la société et de ses codes ; Alain K occupe la marge mais dans un même temps il parasite ce monde, le transforme : "Tu refuses d’être un gagnant.
Tu refuses même d’essayer." Cette attitude est celle qui s’apparente à ce qu’énonce Hakim Bey avec la TAZ : « la meilleure et la plus radicale des tactiques sera de refuser l'engagement dans une violence spectaculaire, de se retirer de l'aire de la simulation, de disparaître. »5 Le choix de l’infamie, de l’autodérision est un retrait mais de ceux violents dont parle Henri Laborit dans son ouvrage « Eloge de la fuite ». Face à une situation de tension plusieurs choix s’offre à l’individu et celui de la fuite permet d’éviter de rentrer dans le jeu des "dominances » il permet de se préserver et en même temps il est la possibilité d’une construction, en "fuyant" dans l’imaginaire. 
 « Pour Laborit, c’est là le seul palliatif acceptable et utile. Il place ainsi la création au sommet de tout, et en fait le principe le plus important qui soit, le seul qui nous permette d’avoir une chance d’évoluer dans un sens intéressant" .6

Tu décrètes que le ridicule est politique.7

Alain K transfigure le banal par son humour, le monde quotidien ainsi détourné par l’humour est une permanente possibilité d’introduire de la poésie et du rêve. « Contre la bêtise qui s'ignore s'élève le rire de l'idiot. Contre les excès d'un art «engagé» se tient le rêve d'une pensée légère. Et si le jeu n'était pas seulement l'apanage des enfants, mais le signe ironique d'une pensée sérieuse — qui fuit tout ce qui est lourd par profondeur ? »8
Il s’agit pour Alain k de « faire du jeu un principe moteur dans un monde ou le sérieux des officiels, là comme ailleurs fait des ravages »9 . Par le rire l’artiste fait acte virulent de critique sociale, le rire est ici une véritable arme de bataille contre la léthargie mentale. Faire le con, assumer une esthétique de l'idiotie s'impose comme une évidence, conscient qu'elle est désormais le moteur le plus efficace de la subversion dans l'art. L'idiotie s'offre comme une possibilité de relecture du réel, elle devient alors une puissance de création qui ouvre de nouveaux champs d'expérience. Pour paraphraser Jean Dubuffet 10, afin de rester anti-conformiste, l'artiste se doit d'endosser un rôle proche de celui du fou, quitte à surprendre et à dérouter.

Avec un goût pour l'irrévérence, Alain K se joue des codes du beau, du bien, du bon et n'hésite jamais à prendre le contre-pied de l'esthétique conventionnelle pour la dénoncer. Il lutte avec application contre l'arrogance de la supériorité intellectuelle affichée par le milieu de l'art. Alain K use de la parodie, de la satire, de jeux de mots et d'autodérision. Le rire est pris par Alain K très au sérieux. Il permet de mettre le monde à distance.

Yann Perol


1-Jean-Michel Ribes (sous la direction de), Le rire de résistance, Paris, Beaux Arts éditions, 2007, p.5
2-Jean-Yves Jouannais, L' idiotie : Art, vie, politique-méthode, Paris , Beaux Arts Editions, 2003.
3-Alain K, Ridicule et politique, de la manière de justifier un travail par ailleurs injustifiable, avril 2008.
4-Ibid.
5-Hakim Bey, La T.A.Z. Première édition française, mai 1997, Éditions de l'Éclat, Paris. p.15
6-Benjamin, Sur l’éloge de la fuite , ou la question des straégies de domination. Article 11, 2008.
7-Alain K, op. cit.
8-Frédéric-Charles Baitinger, compte rendu de l’exposition « It’s not funny » curateur yannperol, sur le site Paris Art, 2007.
9-Michel Onfray, Politique du rebelle (traité de résistance et d’insoumission), Paris, Editions Grasset et Fasquelle, 1997, p.249
10-Jean Dubuffet, asphyxiante culture, Paris, Editions de Minuit, 1986.




Tony Regazzoni : Blackout
Vernissage Jeudi 4 mars à 18h
Exposition du vendredi 5 mars au samedi 17 avril 2010

Interview de Tony Regazzoni & François-Thibaut Pencenat par Rémy Yadan, Marianne Derrien et Vincent Simon:
http://www.radiocampusparis.org/?p=8377








François-Thibaut Pencenat : Toute Première Fois
Vernissage Jeudi 21 janvier à 18h
Exposition du vendredi 22 décembre au samedi 27 février 2010


       Photographie Stéphanie Toussaint, 2009.

« Ce qui disparaît se prolonge dans ce qui apparaît »[1]

[1] Pierre Giquel, Du qui-vive à l’approche de l’ennemi, mai 2009.


François-Thibaut Pencenat travaille par effacement et déplacement, il met ainsi à l’épreuve la mémoire des images. Ou plutôt, il met en évidence les réminiscences de l’image par rapport à la mémoire collective. Ne subsiste que quelques fragments d’un point de départ tel un vague souvenir, l’esprit recompose inconsciemment ce qui a disparu ou à été altéré. Ce qui est caché revient, créant un effet d’enfermement.

François-Thibaut au travers de ses vidéos, photographies et installations, travaille sur l’idée de mise en scène, il instaure un rapport entre le réel et la fiction. Ses images sont travaillées, épuisées, le lieu dans lequel se tiennent les œuvres également, il est parfois même mis en abîme comme le reflet de lui-même. Il y a bel et bien la volonté chez cet artiste de créer un brouillage entre l’espace de représentation et l’espace de monstration. Nous n’interagissons alors plus directement avec le lieu mais avec des œuvres qui mettent en évidence les caractéristiques du lieu dans lequel elles prennent place et que finalement elles s’approprient. Ses œuvres à la facture minimale et très précise sont en quelque sorte réfractaires ou hermétiques, mais par le jeu de la mise en scène de François-Thibaut, un dialogue s’instaure entre-elles et crée une narration dont il n’est pas possible d’en saisir le sens. Le regardeur se sentira perdu dans un entre-temps, il n’y a ni commencement ni fin, mais également perdu dans un espace conçu comme un tout et pourtant fragmenté.

Pour son exposition personnelle à The Window 41, François-Thibaut Pencenat imagine l’espace de la galerie comme un théâtre, les spectateurs feront l’expérience d’un va-et-vient entre le devant de la scène, derrière le rideau et dans le public, avec un ensemble d’œuvres qui montre tout en cachant, qui ne se livre que petit à petit, qui absorbe et qui joue sur les oppositions présence/absence, montrer/cacher, avant/après. « Toute Première Fois » est conçue comme un tout dans lequel il faut se laisser perdre, comme une sorte de passage au-delà du miroir, un monde en déliquescence, sombre mais en même temps d’un calme étrange, « une présence déshumanisée et une absence humanisée ». yp